April 7, 2021

L’ACCTA interroge les membres sur les réductions d’ATC

admincopa

(Photo : NAV CANADA)

À la fin du mois de mars, l’Association canadienne du contrôle du trafic aérien (ACCTA) a publié les résultats d’un sondage qu’elle a commandé, principalement pour savoir si ses membres considéraient que la sécurité publique serait mise en danger si NAV CANADA procédait aux mises à pied prévues dans les centres de contrôle régional et aux fermetures de tours de contrôle de la circulation aérienne (ATC).

L’ACCTA explique que le sondage a reçu des réponses en provenance de 1400 des 1800 contrôleurs qualifiés du Canada, dont plus de 80 % ont déclaré que la sécurité publique serait menacée. Un peu plus de 40 % des contrôleurs estiment que les coupes imminentes poseraient un risque élevé pour la sécurité du public si elles étaient effectuées, alors qu’environ 39 % affirment qu’elles présenteraient un risque modéré. L’ACCTA note que seuls 2 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles n’entraîneraient aucun risque pour la sécurité.

Dans le cadre de l’étude en cours menée par NAV CANADA, poursuit l’ACCTA, des avis de mise à pied ont été envoyés à plus de 100 contrôleurs de la circulation aérienne en poste dans des centres de contrôle régional (Montréal, Edmonton, Moncton et Gander) et des tours de contrôle de la circulation aérienne d’un océan à l’autre. Tous les employés des sept tours visées par l’étude – Saint-Jean (Québec), Windsor, Sault Ste. Marie, Régina, Fort McMurray, Prince George et Whitehorse – ont reçu des avis les informant de l’intention de NAV CANADA de fermer définitivement ces tours. Ces postes qu’on envisage d’éliminer s’ajouteraient aux 1000 autres abolis à l’échelle de l’organisation dans la dernière année.

« Les professionnels dévoués qui sont chargés d’assurer la sécurité du transport aérien au Canada sonnent l’alarme et pressent le gouvernement de mettre fin à cette étude à courte vue », a fait valoir Doug Best, président et chef de la direction de l’ACCTA. « La semaine dernière, notre Association a rencontré le ministre des Transports, M. Alghabra, afin de lui faire part des résultats du sondage et de l’informer des répercussions qu’auront sur la sécurité et l’efficacité du système de navigation aérienne ces mises à pied et réductions dans les services, particulièrement quand le volume de la circulation aérienne augmentera et qu’il reviendra forcément à ce qu’il était avant la pandémie. »

L’ACCTA précise qu’avant que survienne la pandémie, NAV CANADA faisait face à une pénurie de 13 % de contrôleurs aériens et dépensait plus de 100 M$ par année en heures supplémentaires. Plus de 80 % des contrôleurs aériens interrogés ont déclaré qu’avant même la diminution de la circulation aérienne causée par la COVID-19, le manque d’effectifs, la gestion de la fatigue et le recours excessif aux heures supplémentaires par NAV Canada les inquiétaient (31,9 %) ou les inquiétaient beaucoup (39,5 %). L’ACCTA ajoute que 89 % des répondants au sondage croient que les fermetures et les réductions envisagées par NAV CANADA pourraient nuire au rétablissement du système canadien de l’aviation lors du retour à la normale de la circulation aérienne.

« On ne saurait surestimer les répercussions d’une perte d’emploi imminente ou potentielle sur la santé mentale des employés, en particulier de ceux qui exercent l’une des professions les plus exigeantes et stressantes qui soient », a avancé M. Best. « Nous avons exhorté NAV CANADA à tenir compte des effets de ses décisions sur les employés et des risques qu’elles impliquent, mais la direction a néanmoins choisi d’aller de l’avant avec le projet. »

L’ACCTA fait remarquer que pas moins de 92 % des contrôleurs aériens sondés ont affirmé que les réaménagements des effectifs annoncés par NAV Canada, dont les avis de mise à pied, ont entraîné une augmentation du stress.