Des enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada examinent l’épave de l’hélicoptère R44 sur le lieu de l’accident près du lac Valtrie au Québec. (Photo : BST)

— Par Luc Boily

Le 31 mars, le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada a publié son rapport d’enquête (A19Q0109) sur l’impact mortel d’un hélicoptère Robinson R44 avec le sol survenu le 10 juillet 2019 près du lac Valtrie dans la réserve faunique Rouge-Matawin au Québec.

Comme plusieurs Québécois s’en souviennent pour avoir suivi le déroulement des activités de recherche visant à retrouver le pilote de l’aéronef, Stéphane Roy – président de l’entreprise Savoura – et son fils Justin âgé de 14 ans, deux semaines ont été nécessaires pour localiser la carlingue et les corps sans vie des deux hommes après l’écrasement de l’hélicoptère en plein bois, sans aucun témoin, indique le rapport du BST.

Le Bureau explique que l’hélicoptère Robinson R44 de M. Roy effectuait un vol de jour selon les règles de vol à vue depuis le lac De La Bidière à destination de Sainte-Sophie. L’aéronef n’est jamais arrivé à destination. Il a été porté disparu le lendemain au Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage de Trenton en Ontario, lequel a entamé les recherches. Aucun signal de la radiobalise de repérage d’urgence (ELT) n’a été capté.

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Le BST rapporte que les Forces armées canadiennes ont effectué des recherches aériennes avec l’aide de plusieurs aéronefs, incluant ceux de la Sûreté du Québec, de la Garde côtière canadienne ainsi que d’organismes bénévoles en sauvetage et recherche aériens du Québec et de l’Ontario. Des recherches terrestres et nautiques ont également été entreprises.

L’aéronef a pu être localisé, le 25 juillet, grâce aux données historiques provenant des téléphones cellulaires des occupants, précise le BST, lesquelles ont permis d’effectuer plusieurs calculs de triangulation jusqu’à l’obtention d’un point précis situé à 193 m de l’épave. L’aéronef a été retrouvé détruit et les occupants ont été trouvés sans vie. Il n’y a pas eu d’incendie à la suite de l’impact avec le sol.

Lors de l’examen de l’épave, le BST signale que l’une des pales a révélé de multiples défaillances d’adhésion ayant mené à la séparation de certaines sections du joint entre le revêtement de l’intrados et le longeron, ce qui permettait à l’humidité de s’infiltrer sous le revêtement et ce qui, au fil du temps, a causé la dégradation de l’adhésion au joint de collage.

Le BST ajoute que l’enquête a permis de déterminer qu’une probable progression soudaine de ces défaillances a contribué à réduire considérablement la rigidité de la pale, occasionnant des vibrations sévères. La vitesse de rotation du rotor principal est ensuite descendue à un niveau trop bas, fait remarquer le BST, empêchant l’aéronef de rester en vol, suivie d’une chute verticale et de l’impact avec le sol.

Le BST mentionne que l’enquête a également permis d’établir qu’aucun plan de vol ni itinéraire de vol n’avaient été déposés. Dans une telle situation, il y a un risque pour que le déclenchement des recherches ne soit pas effectué dans un délai raisonnable surtout si aucun signal de radiobalise de détresse n’est reçu, ce qui réduit les chances de survie des occupants et prive les équipes de recherche et sauvetage d’informations importantes pour les recherches.

À la suite à l’accident, le BST a émis un avis de sécurité aérienne demandant à Orolia, le fabricant des ELT de marque Kannad et à Transports Canada (TC) de réviser les procédures d’inspection périodique des ELT afin qu’une défaillance du système de verrouillage de l’interrupteur puisse être détectée et corrigée à l’avenir.

Dans sa réponse à l’avis du BST, Orolia indique, entre autres, qu’une mise en garde a été ajoutée dans les documents contenant des instructions de manœuvre de l’interrupteur afin de clarifier les instructions et éviter des manœuvres inadaptées pouvant entraîner le bris des butées de verrouillage de l’interrupteur. TC a émis une alerte à la sécurité de l’aviation civile portant sur l’inspection visuelle des ELT et a insisté sur l’attention à porter à l’interrupteur des radiobalises.

Vous pouvez consulter la page de l’enquête pour obtenir plus d’information.