L’amerrissage d’un Cessna 185E sur des flotteurs amphibies avec le train sorti sur Upper Raft Lake en Ontario en août dernier a entraîné la mort du pilote par noyade et six blessés mineurs, tous membres de la famille du pilote. L’avion n’était équipé que de quatre sièges. Un chien à bord de l’avion s’est également noyé.

Le pilote décédé, titulaire d’une licence de pilote professionnel avec une qualification sur hydravion et était également titulaire d’une licence de technicien d’entretien d’aéronefs, avait accumulé un total de 3 100 heures de vol, dont 300 sur type et 150 sur avion amphibie.

Le vol avait décollé de la piste asphaltée de l’aéroport d’Orillia Rama (CNJ4) 34 minutes avant d’amerrir sur Upper Raft Lake à 12 h 59 le 4 août. L’avion a basculé à l’atterrissage pour se retrouver à l’envers dans l’eau. Les passagers, un adulte et cinq enfants, ont pu s’échapper de l’avion par la porte latérale droite et se sont rassemblés sur les flotteurs inversés. Ils ont ensuite pagayé vers le rivage où ils sont descendus et ont attaché l’avion à un rocher.

Bien que l’ELT ait été activée, aucun signal n’a été reçu. Les téléphones portables des survivants se trouvaient à l’intérieur de l’avion. Ce n’est qu’à 9 h 00 le lendemain matin qu’un autre membre de la famille a informé un autre exploitant d’hydravions à CNJ4 que l’avion n’était pas encore revenu. Cet opérateur a envoyé un avion à Upper Raft Lake et l’avion accidenté a été repéré. Le pilote a amerri et a aidé les survivants.

Le centre d’information de vol à London et le Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage à Trenton ont ensuite été avisés et des aéronefs de recherche et sauvetage (SAR) ont transporté les survivants à l’hôpital.

L’avion accidenté a été évacué de l’eau quatre jours plus tard. Les enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports (BST) n’ont trouvé aucune preuve de dysfonctionnement de l’équipement, mentionnant que les forces d’impact et les dégâts d’eau ont rendu impossible la détermination décisive de la cause de l’accident.

Les deux occupants des sièges avant portaient des ceintures sous-abdominales, mais pas les baudriers disponibles. L’occupant du siège avant droit transportait un enfant sur ses genoux (l’enfant n’était pas un enfant en bas âge). Les deux sièges arrières étaient occupés par trois enfants, un sur un siège qui utilisait la ceinture sous-abdominale et deux sur l’autre, aucun d’entre eux n’utilisant la ceinture sous-abdominale disponible. Un des enfants était installé dans le compartiment à bagages avec le chien.

En arrivant à la conclusion selon laquelle aucun des occupants des sièges avant ne portait de baudrier disponible, ce qui aurait pu être un facteur de la noyade du pilote, le BST note que les données historiques ont montré que l’utilisation de baudriers réduit considérablement la gravité des blessures dans les accidents des aéronefs.

Ils ont également noté que, malgré la lettre sur la sécurité aérienne et les circulaires d’information publiées par Transports Canada dans le but de clarifier la définition des ceintures de sécurité, l’ambiguïté demeure. Le BST souligne que le paragraphe 101.01 (1) du RAC définit une ceinture de sécurité comme « …un système de retenue personnelle composé soit [non souligné dans l’original] d’une sangle sous-abdominale ou d’une sangle sous-abdominale combinée à un baudrier ».

En réponse à cette enquête, le BST a émis la Recommandation A19-01 :

[que] le ministère des Transports modifie le Règlement de l’aviation canadien pour éliminer toute ambiguïté relativement à la définition de « ceinture de sécurité ».

Le rapport d’enquête complet du BST est joint ci-dessous.

Crédit photo: un ami du pilote.

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