Par Gilles Jean, président d’Aviateurs Québec

Selon Transports Canada, près de 30 pourcent des accidents mortels sont dus à une perte de contrôle au décollage ou à l’atterrissage. Et souvent ce sont des pilotes expérimentés. Comment expliquer ça ? Vous avez intérêt à bien comprendre ce qui se passe car ça pourrait bien vous arriver !

Plusieurs accidents surviennent lors d’un virage à grande inclinaison lors du virage en finale. Le pilote réalise qu’il n’est pas aligné et essaie de corriger par un virage serré à 45° ou même 60° tout en relevant le nez pour garder son altitude. Le résultat : la vitesse diminue et l’avion décroche. À cette altitude, il est peu probable de récupérer.

Qu’arrive-t-il à votre vitesse de décrochage lors d’un virage? À 45°, la vitesse de décrochage sera de 20% supérieure à celle en palier et à 60°, elle sera de 41% supérieure. Donc, par exemple un Cessna 172R qui décroche à une vitesse de décrochage (Vs) de 51 nœuds (POH) décrochera à 72 nœuds lors d’un virage à 60°. La vitesse d’approche recommandée est de 65-75 nœuds. Le pilote qui s’est habitué à faire ses approches à 70 nœuds et qui décide de faire un virage à 60° tout en redressant le nez risque fort de décrocher. C’est ce qui est arrivé à plusieurs.

La morale est que si votre approche n’est pas stabilisée et que vous n’êtes pas aligné d’avance en finale, passez tout droit. L’habitude devrait être que lorsqu’on sent un inconfort avec notre approche nous devrions tout simplement remettre les gaz et revenir. On ne le dira pas à personne !