March 4, 2021

Distrait au point d’être embarrassé

admincopa

Par Peter Campbell

Bonjour à tous les lecteurs de ce magazine, en particulier ceux qui lisent mes articles axés sur la sécurité dans COPA Flight. En prime ce mois-ci, nous vous proposons deux articles de la série Sécurité. Veuillez consulter la page 18 de ce numéro pour en savoir plus sur les façons dont les changements saisonniers affectent notre approche de la gestion des risques.

Dans cet article, nous nous penchons sur les défis de la migration obligée des cartes papier vers les cartes numériques dans notre bureau volant, à savoir le poste de pilotage. Nous pourrions rapidement féliciter ceux qui ont abandonné les graphiques encombrants embourbant l’habitacle d’un aéronef. Mais attendez, par quoi cette interprétation papier du monde a-t-elle été remplacée? Rien? Bien sûr que non! Pour être conformes aux règlements, nous devons être en mesure de déterminer avec précision notre emplacement aux autres exploitants et à l’ATC/ATS. De ce fait, à moins que vous possédiez des superpouvoirs, cette compétence de navigation nécessite un type de cartes aéronautiques (numérique à défaut de physique). Disposez-vous d’une tablette numérique – tels un iPad ou un iPad mini – qui prend en charge, à travers la plateforme Apple iOS, une application de planification de vol et de cartographie aéronautique telle que Garmin Pilot, Fore Flight ou Flight Plan Go? Oui? Bravo! Non? Voilà une excellente suggestion de cadeau d’anniversaire ou une occasion d’obtenir un remboursement d’impôt!

J’espère que vous avez déjà amorcé le virage numérique et que vous faites partie des utilisateurs à l’ère des tablettes Android ou Apple iOS. Dans la négative, et pour vous conformer de façon efficace à la planification du vol, la navigation en vol et la gestion dans l’habitable, vous devez faire l’acquisition d’un modèle récent comportant suffisamment d’espace de stockage pour prendre en charge l’application que vous avez choisie. Vous devrez aussi apporter quelques modifications à votre avion pour vous assurer que votre solution de cartographie numérique ne se retrouvera pas à court d’énergie pendant les longs vols. En effet, ces applications s’avèrent énergivores de par leur nature active. Elles utilisent leurs propres récepteurs GPS ou procèdent à des triangulations pour déterminer la position de l’appareil à l’aide des tours de téléphonie cellulaire environnantes. En outre, pour devenir un utilisateur compétent, il est indispensable de suivre une formation. Oui! Une courte formation au sol fera l’affaire. Il est toutefois à noter que l’utilisation dans votre bureau volant se révélera plus difficile qu’en salle de classe. Nous devons intégrer le logiciel et l’appareil numérique à nos procédures d’exploitation standard afin d’ÉVITER d’être DISTRAITS NUMÉRIQUEMENT par son utilisation.

Pourquoi suis-je préoccupé par cette distraction numérique? Si vous êtes un membre typique de la COPA, vous êtes bien au-delà de votre cinquantième anniversaire et vous avez accumulé beaucoup d’heures de vol dans votre avion. Avant l’épisode de COVID, vous étiez certainement très habitué à faire plusieurs tâches de pilotage de façon linéaire, mais de manière très bien établie. Bien heureux pour vous! Mais, désolé de vous le dire, vous êtes un candidat idéal à la distraction numérique et la distraction au point d’être embarrassé.

Laissez-moi vous faire une confession. Récemment, j’étais en compagnie d’une étudiante inscrite au cours professionnel dans son très bel avion équipé d’un GA1000, et nous volions dans un espace aérien de classe « G » non contrôlé près de la zone de circuits d’un aéroport à communications universelles (UNICOM) en Ontario par une journée parfaitement claire pour le vol à vue. Nous avions discuté et convenu de la fréquence à utiliser. Elle syntonisait cette fréquence comme elle avait l’habitude de le faire, alors qu’elle a été interrompue par un avertissement sur le panneau. Elle a donc réinitialisé le signal et a poursuivi son opération. Nous avons ensuite fait nos premiers appels. En raison de la COVID-19, nous ne nous attendions pas à beaucoup de réponses. En arrivant à 500 pieds au-dessus de la zone de circuits, nous n’avons vu aucun trafic et n’avons entendu aucun appel. La situation nous apparaissait normale. Nous avons tout fait selon les règles de l’art et, après trois circuits, nous avons fait un arrêt, remonté la piste et fait une pause dans une zone d’attente pour discuter de notre plan de retour à notre aéroport de départ. Pendant que nous parlions, j’ai remarqué que le véhicule de l’aéroport s’était garé à côté de nous et que le chauffeur faisait signe qu’il voulait nous parler. C’est à ce moment que nous avons pris conscience que notre processus hautement professionnel avait été altéré dans un moment de distraction.

Mon élève-pilote très compétente a mal composé la fréquence. Tous deux victimes de l’ère numérique et réalisant notre erreur, enfin, elle a correctement composé la fréquence. Lors de notre discussion rapide avec la personne de l’aéroport, nous avons découvert qu’il n’y avait pas d’autre trafic, mais qu’il y avait maintenant un vol en approche. Nous lui avons présenté nos humbles excuses. En rentrant chez nous, affligés, nous avons réfléchi à notre moment de distraction. Nous avons décidé de revérifier ce type d’actions pour éviter une récurrence. Oui, notre distraction momentanée jumelée à l’attente de non-communication que nous avions nous a DISTRAITS au point d’ÊTRE EMBARRASSÉS. Mon élève était très embarrassée, et ce fut un moment d’apprentissage pour nous deux. Elle a grandi avec un téléphone intelligent entre les mains. En un éclair, elle a réalisé combien il est facile de se faire prendre – en l’occurrence involontairement sans radio (NORDO) – dans un monde connecté moderne.

La même chose peut se produire chaque fois que nous utilisons de nouvelles technologies ou que nous modifions des procédures bien établies dans nos postes de pilotage. Nous devons faire un plan, pratiquer le processus révisé au sol et, lorsque nous sommes convaincus que nous pouvons gérer les changements efficacement, les essayez-le dans les airs. Nous pouvons ensuite augmenter la complexité à mesure que nous acquérons de l’expérience et des compétences. Les cartes numériques arrivent à grands pas, alors préparons-nous maintenant et adoptons la technologie requise pour exceller en tant que membres de la communauté aéronautique à l’ère numérique!

(Photo : Adobe Stock, Rik)